Vélo connecté, valeur ajoutée ?

“Mais c’est quoi un vélo connecté en fait ?” me demandait l’autre jour mon pote Barth, toujours à l’affût. Je répondais tranquillement : “Et bien, euh, bah tu prends un vélo, souvent électrique parce que c’est plus facile et que t’as plus de données à récupérer, et bah tu le connectes quoi. Au réseau, à ton backend, ou à ton smartphone, via une app. Et après t’as plein d’échange d’info entre les différentes entités.” “Ok Charles, je suis pas sûr de bien comprendre le bail.” me dit-il avec son franc parler habituel. Je grommelle. Me voilà bon pour faire un article.

Après 1 an de développement du vélo électrique avec Indigo Weel (j’y travaillais jusqu’en décembre dernier), j’ai voulu résumer dans les grandes lignes ce qu’est un vélo connecté.

 On connait les montres connectées, les lunettes, les lampes, les caméras, les enceintes, les volets, les frigos, les voitures, les trottinettes, les caddys, les machines à café, les…j’en passe. Ca devient naturel de lire le mot connecté à côté de 1001 produits qui ne l’étaient pas avant. Et voilà que le vélo s’y met.

Que veut donc dire le terme “connecté” ? Pourquoi connecte-t-on les vélos ?

Je ne parlerai ici que du vélo électrique, car c’est le vélo qui se connecte le plus de nos jours. Mais certaines parties concernent également les vélos dit maintenant “musculaire” (sans assistance électrique). N’hésitez pas à me poser des questions en commentaire !

Quand les vélos se mettent à parler…

Connecter un véhicule, de manière courante aujourd’hui, c’est le faire discuter. Discuter avec une entité autre que lui-même. Discuter avec un smartphone par exemple. Je peux imaginer connecter mon smartphone au vélo, très souvent via bluetooth, puis décider d’allumer ou éteindre les lumières avant, arrière, choisir la puissance de l’assistance électrique via l’application du smartphone. Mais ça va plus loin. En connectant le vélo au réseau mobile on peut activer des fonctionnalités à distance : déclencher une alarme en cas de mouvements intempestifs, bloquer/débloquer un cadenas, recevoir des données sur l’état du vélos (immobile ou en déplacement…), sur sa position géographique. Je listerai les fonctionnalités dans la partie suivante.

Ce n’est pas nouveau, mais ça prend de l’ampleur. Ce n’est plus réservé à un public de “early adopters”, ces personnes qui aiment expérimenter de nouveaux produits avant les autres. Les nouveaux vélos, et surtout les électriques, se connectent massivement aux réseaux, comme des abeilles rejoignant la ruche et se glissant dans leurs alvéoles après une longue errance au milieu de ces fleurs de cerisiers, promesse d’un beau printemps, et d’un été plus beau encore…hop là! Rien à voir mais j’avais envie de quelques métaphores naturelles.

ne pas reproduire à la maison
Ce vélo butinait tranquillement de la data quand soudain

…Ils peuvent dire des choses fort intéressantes

Quand les vélos nous parlent
Quand les vélos nous parlent

Voila une liste non exhaustive des fonctionnalités que peut proposer un vélo connecté à un smartphone par exemple : allumer/éteindre les lumières, choix du niveau d’assistance électrique, activation de la batterie pour lancer l’assistance, géolocalisation, blocage du moteur si le vélo n’est pas activé ou s’il est volé par exemple, état du système (signalisation de problèmes sur les composants électroniques, sur le moteur), mise à jour de l’intelligence du vélo (du contrôleur, ou boitier connecté). Les données ne sont pas si nombreuses car un vélo électrique reste assez simple en comparaison avec une voiture. C’est ce qui fait sa force.

Il est difficile de combiner tout cela sans augmenter le prix du vélo. Si le matériel électronique n’est pas très cher, il faut développer les applications mobiles, le système informatique, le maintenir etc. Donc l’alternative à un vélo connecté c’est un vélo déconnecté (wow!) qui utilise un écran et des boutons d’actions directement sur le guidon. C’est la grande majorité des vélos électriques vendus aujourd’hui. On parlerait presque de low tech mais bon, un vrai vélo low tech, c’est un vélo sans tech justement (hello fixie!).

tranquille
Dites moi mon brave, il se connecte ce vélo ou c’est pas l’idée ?

Mais on connait l’appétence du public pour les innovations et les nouvelles technologies. La vague des objets connectés ne fait que commencer.

Je distinguerai dans mon analyse 2 approches : celle d’un vélo pour les particuliers, et celle d’une flotte de vélo gérée en B2B.

Pour les particuliers, quels avantages à posséder un vélo connecté ?

Je dirai que c’est encore aujourd’hui intéressant plutôt pour les fans de techno. Je privilégierai personnellement un vélo électrique simple, sans électronique superflue, à une exception près que je détaillerai.

Mais certains me diront : “Rabat-joie, pourquoi ce choix d’austérité électronique ?”

Loin de moi l’idée de vouloir rabattre la joie de certains. Je n’en aurai simplement pas l’utilité. Je peux changer mes vitesses manuellement sur mon boitier. Il calcule également les km parcourus, affiche ma vitesse en temps réel (qui est limitée à 25km/h donc pas passionnante) et je peux me rendre tout seul chez mon vélociste pour la maintenance, voire j’appelle Ridy ou Cyclofix directement en cas d’imprévu. Mes lumières s’allument automatiquement lorsque je roule. Je recharge ma batterie à la maison, sa durée de vie est grosso modo de 800 cycles, elle est garantie 2 ans. Pour les antivols, un lourd Kryptonite combiné à une lecture de mon article ici suffirait pour me sentir serein. Je chercherai aussi à être assuré par mon assurance habitation. Mon smartphone, lui, me permet déjà de faire des trajets optimisés avec Géovélo.

Bref, je ne ressens pas le besoin de me connecter pour révolutionner mon expérience car je suis responsable de mon vélo et je me sens en mesure de faire ces démarches moi-même.

Moustache à l'ancienne
Moustache à l’ancienne, puissance au guidon, déconnecté, enfin façon de parler

Mais mais mais…quand même il fallait que je vous dise

Il y a quelques trucs pas mal qui se font. Premièrement la géolocalisation. J’ai écrit un article sur les trackers GPS vélo en 2017 qui attire depuis 2 ans des milliers de lecteurs, preuve que ce sujet titille pas mal les cyclistes dans leurs têtêtes. A l’époque le marché n’était pas prêt. Aujourd’hui il a changé, les technologies deviennent de plus en plus intégrées et de moins en moins chères. Velco a sorti son guidon Winkbar. Van Moof et son équipe retrouvent des vélos volés. Qui sait, la police pourrait se décider elle-aussi à intervenir sur la base d’informations GPS un de ces jours (car pour le moment ce ne semble pas trop être le cas, n’hésitez pas à commenter si ça l’est, ça m’intéresse!). Avoir un système qui me permette de géolocaliser mon vélo et qui m’alerte s’il se met subitement à danser la samba (alors qu’il ne sait pas danser la samba) oui, ça m’intéresse ! Avec une garantie de remplacement, je serais content de payer l’assurance.

Les bons vélos électriques coûtent généralement au moins 1500€, et montent rapidement dans les 2500-3500€. Les compagnies d’assurances ont déjà développé des produits spécifiques pour les vélos électriques et il y a fort à parier qu’ils exigent bientôt l’installation de mécanismes de traçage sur les vélos en s’associant à des acteurs de la géolocalisation.

Mais aussi, ce vélo connecté électrique peut tout simplement refuser de démarrer sans reconnaissance via app, empreinte digitale ou autre. Et ça, je me dis que c’est pas mal. C’est plus compliqué d’obtenir ce résultat pour les vélos classiques (pas de batterie), raison pour laquelle je me focalise sur les VAE (Vélo à Assistance Electrique).

Van Moof, Cowboy, Angell, Véligo : des petits nouveaux bien connectés

Depuis quelques années, des nouvelles marques se lancent sur le marché et conçoivent des vélos électriques et connectés en sortant des sentiers battus. Révolutionner l’expérience du cycliste urbain, c’est leur ambition. Le design est primordial, Tesla est dans toutes les têtes. La connectivité via une application smartphone permet d’allier un design épuré avec très peu de commandes externes, des changements de vitesse automatiques, des antivols intégrés et contrôlés à distance, des clignotants…On pensait avoir un vélo dans la tête, mais c’est lui qui s’est doté d’un cerveau ! Mordiou ! La machine qui pense, j’en ai des frissons.

Les promesses sont belles pour nous autres, citadins. Van Moof a par exemple lancé une assurance contre le vol, 290€ pour 3 ans, ce n’est pas trop cher pour des vélos qui valent 2000+€ ! La promesse de remplacer un vélo volé par un temporaire, en attendant que l’ancien soit retrouvé grâce à ses différentes techno de géolocalisation. Et ça marche en plus.

Who got the fattest tyres ?
Un air de famille

Technologie et design donc pour des vélos aujourd’hui plus confidentiels dans les villes que le classique Motobécane ou le traditionnel Décathlon, mais pour combien de temps ? La crise covid19 aidant, VanMoof a enregistré +48% de vente en février par rapport à l’année dernière, et une fréquentation sur son site de +80% en février-mars…lire ici. Le lancement d’Angell est également un marqueur fort de cette tendance.

J’ai habilement glissé le Veligo dans ce chapitre. Développé par le consortium Fluow (La poste, Transdev, Cyclez) ce n’est pas une marque de vélo à proprement parler (location moyenne durée, financée à moitié par l’utilisateur et à moitié par la région) mais sa renommée est déjà grande en Ile-de-France !

Le veligo
Le veligo : électrique et connecté

Velco, au coeur du connecteur

Velco c’est la boite qui avait fait parler d’elle pour le Winkbar, le guidon connecté. 3 ans ont passé et ils ont développé une expertise dans la connectivité des flottes de vélo et de 2 roues urbains en général en travaillant avec par exemple MFC (Manufacture Francaise du Cycle). Cette expertise les place en très bonne position pour mener la danse de la connectivité, de manière souvent invisible pour les utilisateurs finaux qui ne voient pas la technologie interne.

VELCO connecteur
Le connecteur VELCO – petit boitier qui se connecte au grand réseau

Une connectivité aujourd’hui incontournable pour les flottes de vélo

Le free-floating est né uniquement grâce à la connectivité des vélos. Cela s’est fait au travers des cadenas “fer à cheval” ou “frame lock” et c’est l’exemple le plus frappant de la puissance de cette connectivité. Absolument nécessaire, oui, car comment connaitre la localisation de ses véhicules et comment la montrer à ses utilisateurs dans l’application mobile sans connecter le vélo à ses serveurs, à son application mobile ? Comment ouvrir le cadenas automatiquement ?

Cadenas connecté
Cadenas connecté Trelock sur le même modèle que tous ceux qui équipent les vélos en free-floating

On peut dire que ces technologies n’était pas nouvelles, déjà utilisées par des entreprises de gestion de flotte d’entreprise. Mais elle est devenue visible et incontournable aujourd’hui. Je me souviens encore de Donkey Republic et son cadenas connecté pour que chacun puisse louer son vélo à des utilisateurs de passage. En peer-to-peer quoi. Ca m’avait bluffé à l’époque ! Cette époque c’était 2012. La techno était là, le business model…pas encore (un business model toujours instable aujourd’hui)

Les enjeux De la connectivité pour gérer Des flottes de vélo

Je me base principalement sur mon expérience dans le free-floating pour cette liste de fonctionnalités mais cela va plus loin :

  • Connaitre l’emplacement de ses vélos à chaque instant
  • Connaitre leur état : immobile ou en mouvement
  • Le niveau de batterie : quel vélo recharger en priorité ? Et générer automatiquement des circuits pour les équipes de maintenance
  • Analyser les trajets des utilisateurs, les zones de location/parking pour placer son vélo au bon endroit au bon moment (clef chez les opérateurs de free-floating), ou pour travailler avec les villes et améliorer leur compréhension des flux de déplacement
  • Repérer des vélos volés
  • Bloquer le parking dans certaines zones (en empêchant la fin de location d’un vélo par exemple)
  • Maintenance prédictive : particulièrement pour les grandes flottes de vélos partagés qui connaissent des dégradations identifiées et répétitives.
  • Activer/désactiver le vélo à distance (via smartphone pour l’utilisateur ou par “backend” par l’entreprise)
  • Mettre à jour le logiciel interne des vélos à distance : par exemple le contrôleur, qui décide de la puissance à envoyer de la batterie vers le moteur, peut connaitre quelques bugs et l’on peut corriger ces bugs en envoyant une mise à jour
  • Décider de la puissance à donner au vélo électrique pour différentes situations : il pleut ? l’assistance électrique peut être abaissée à 20km/h. Voire, comme pour les trottinettes, limiter l’assistance en la couplant avec des données de géolocalisation.  Zone piétonne ? assistance baissée à 15km/h

conclusion

Est-ce que on pourrait pas dire que
On dirait une oeuvre d’art plastique d’un élève de 5e. On devrait m’interdire de publier ça ici.

En conclusion, l’année 2020 sera connectée, ou ne le sera pas, ou peut-être qu’elle sera les 2 à la fois. WoW ! Encore un éclair de génie !

Plus sérieusement, on peut dire 2 choses : pour un particulier qui s’achète un vélo électrique, ça commence à être intéressant cette histoire de connectivité, mais c’est pas non plus la panacée. Par contre, pour des gestionnaires de flotte, là on parle! Pour eux, c’est un facteur clef d’optimisation de leurs processus. L’efficacité dans la connectivité. Il ne reste plus qu’à maitriser toutes ces informations, sinon c’est de la data sans âme.

Merci de m’avoir suivi jusqu’à là, ça me touche.

Sachez que je ne compte pas m’arrêter là et qu’un autre article sera écrit ! Au moins aussi instructif et spirituel !

A bientôt, donc.

Blaze : un laser dans la nuit

Chers lecteurs, bonjour.

Nouvel article de velonomy sur un sujet crucial, la visibilité du cycliste. Oui, Winter was coming, et maintenant, Winter is here.
La lumière baisse, mais que ce soit en été ou en hiver, le cycliste ne devrait pas avoir à se jeter dans l’ornière pour éviter le cimetière. A défaut de certains, les chiffres sont clair-voyants : en 2016, 162 cyclistes ont été tués dans un accident de la route. Encore plus précis : environ 86%, soit 139 personnes, des cyclistes tués ou BH (blessé hospitalisé plus de 24h, non décédé dans les 30 jours) l’ont été lors d’un accident avec un véhicule motorisé (dont un solide 63% pour les voitures, le reste se partageant entre camions, utilitaires et bus).
Ma dernière statistique sera celle là : 44 % des accidents ayant occasionné une personne tuée ou un BH en bicyclette résultent d’une collision par le côté. En ville on imagine aisément cette situation où la voiture tourne à une intersection sans prêter attention à ses angles morts, ou simplement sans voir le cycliste qui arrive. (Source : bilan de l’accidentalité de l’année 2016 p42-44, format PDF accessible via cette page)

Il y a donc un problème. Ces chiffres devraient s’approcher de 0, non ? La visibilité n’est qu’un maillon de la chaîne qui rattache le cycliste à la vie, mais sans elle, point de salut.
J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt les aventures de Blaze, une entreprise anglaise spécialisée dans la création de lumières pour cyclistes. Leur marque de fabrique ? Le laser qu’ils incorporent à la lumière avant et qui projette le dessin d’un vélo au sol, à 5 mètres devant le cycliste. Et surtout, le résultat : prise de conscience d’un cycliste dans une situation où il est encore invisible ! On se croirait dans un Agatha Christie.

De l’idée à l’innovation

L’idée à germé en 2011, dans la tête d’Emily Brooke, alors en étude de design à l’université de Brighton. Ca a été son projet de fin d’étude, élaboré en collaboration avec des experts de la ville, d’une compagnie de bus, de psychologues spécialisés dans la conduite…le gratin quoi.

“L’année dernière, plus de 3,000 personnes ont été tuées ou blessées gravement rien que sur les routes britanniques [...] les statistiques sont terrifiantes. Plus de 100 personnes ont été tuées l’année dernière. Je me suis concentré sur le fait que 79% des cyclistes accidentés allaient tout droit lorsqu’un véhicule leur est rentré dedans [...] Même éclairé comme un sapin de noël, un vélo dans l’angle mort d’un bus est toujours invisible. Avec Blaze, vous voyez le vélo avant le cycliste.” Extrait d’une interview parue dans le guardian en 2011.

2012 verra la désormais classique campagne Kickstarter récolter 55000£, près de 200% de l’objectif initial. 2 ans plus tard, livraison des produits et levée de fonds de 330,000£. Enfin un projet où l’on peut lire les commentaires des supporters sans froncer les sourcils. Ils sont globalement très positifs. Et ce qui suit l’est tout autant. En 2015, levée de fonds de 1 million de £. Et depuis, Blaze a été choisi pour équiper les 12,000 vélos en libre service (VLS) à Londres puis plus récemment les 6,000 VLS de New York. Une belle validation de leur produit et du marché. En plus de leur lasers ils développent un service qui permettra aux prochaines générations de VLS de générer automatiquement des alertes aux équipes de maintenance pour anticiper les besoins d’entretien. Lire l’article du Guardian en anglais ici.

Voila la vidéo de lancement, avec la participation de Jenson Button, pilote de F1, et Jessica Ennis-Hill, médaillée d’or aux jeux olympiques de 2012. Rien que d’utiliser le nom Star Wars a dû coûter l’équivalent de milliers de lampes Blaze. Sans parler des personnalités. Bien entendu, c’est financé par Santander, mais il semble que Blaze sait s’entourer et convaincre les bonnes personnes depuis le début du projet.

Une cible claire

Oui, ce produit n’est pas pour tout le monde. 125£, soit environ 142€ au taux de change actuel, c’est cher pour une lumière de vélo avant. Car il va bien falloir en avoir une à l’arrière aussi…

Ensuite c’est un produit qui s’adresse d’abord aux cyclistes de zones urbaines difficiles. Difficiles quand il n’y a pas de pistes vélo sécurisées qui évitent les confrontations avec la voiture. Londres, Paris, New York, Madrid…vous me suivez. La lumière Blaze offre 100 ou 300 lumens de flux lumineux, ce qui est costaud, peut être trop pour certains endroits. Je pense que les cyclistes de Copenhague ne sont pas le coeur de cible. J’y vais régulièrement et n’allume ma lampe cateye 300 lumens qu’avec le mode le plus faible (50 lumens). Beaucoup de cyclistes n’ont que des Reelights, lampes qui utilisent l’énergie magnétique pour fonctionner. Les voitures sont habituées à céder le passage et à faire attention, l’environnement est mieux adapté. Par contre, à Paris ou à Madrid par exemple, le danger se rencontre à chaque croisement et le signal lumineux de Blaze me semble des plus utiles !

L’Apple, que dis-je, la Tesla des lumières vélo !

ça marche vraiment ?

Une étude a été menée par Transport Research Laboratory (TRL) entreprise spécialisée dans le transport, mandatée par Transport For London (TFL) et Serco, un grand groupe gestionnaire de services publics. L’objectif : prouver l’existence de la pierre philosophale. Et accessoirement, prouver l’efficacité, ou non, du laser comme sécurité supplémentaire pour le cycliste. Les résultats sont mitigés. Si un avis de recherche a bien été émis pour retrouver Nicolas Flamel, le doute plane au-dessus du bien fondé de cette enquête et le ministère de la magie est dans la tourmente. Par contre, la visibilité d’un cycliste avec une lumière Blaze par un conducteur de véhicule motorisé est significativement supérieure à celle d’un cycliste avec une lampe led classique. Dans le cas d’une rencontre bus/cycliste durant la nuit, Blaze fournit +24% de zones de visibilité, de 72% à 96%.

A gauche, visibilité du cycliste sans le laser, à droite, avec

Pour un van c’est +32%, pour la voiture c’est +10%, et pour un camion avec benne type camion poubelle c’est +5%.
De bons résultats quoi ! Vous pouvez retrouver l’étude ici.

qu’en pensent les blogueurs ?

Après avoir lu mon article sur le piège du crowdfunding, on comprend qu’il est utile de se renseigner auprès des blogueurs, fervents adeptes de produits innovants. L’accueil réservé au Blaze est positif, avec quelques réserves.
Il en ressort que la finition du produit est bonne, ainsi que sa batterie et sa puissance lumineuse, largement suffisante en ville. La visibilité du laser par contre n’est pas encore parfaite. Lorsqu’il pleut, il devient presque invisible, le goudron mouillé ne le reflétant pas bien. De plus, lorsque la route est trop abimée et que le vélo saute dans tous les sens, ce qui arrive fréquemment à Paris, sur les pavés et les routes mal goudronnées, difficile de concentrer la puissance du laser à un endroit, donc son efficacité baisse.

"Toutefois, dans les villes éclairées c'est plus difficile à voir, et sur des terrains rugueux avec un guidon qui bouge cela devient très brouillon. Cela attire toujours l'attention, mais je ne suis pas sûr que cela se traduise en prise de conscience du cycliste par les autres usagers de la route, ou si cela fait office de distraction"
 http://www.cyclist.co.uk/reviews/2019/blaze-laserlight-bike-light-review

Des lasers sur les vélos, un marché en gestation ?

Il y a des centaines de lampes arrière laser vendues sur ebay pour 5 ou 10€, voire même 2€. Au vu des prix, je n’ai pas perdu trop de temps à aller comparer tout ce qui se faisait. Je n’ai rien trouvé de très sérieux. Il y a bien un modèle, nommé le Xfire, qui projette 2 lignes laser à l’arrière du vélo pour bien marquer son territoire. Mais un article du Guardian explique en quoi la visibilité du laser n’est pas bonne et que le résultat n’est pas à la hauteur des attentes. Bref, ma courte analyse du marché ne montre pas un secteur de la lumière laser en ébullition ni ne m’a permis de déceler une tendance. Blaze mène la danse, et de loin.

bon à savoir

A défaut d’un vélo vert vous pouvez également opter pour la version animale. Ce laser projette une image de rat. Remarquez, c’est dans le thème à Paris. Reste à espérer que les voitures s’arrêteront, j’ai plus l’impression qu’elles chercheraient à vous écraser. Allez savoir.

Innovez ! N’ayez pas peur !

La SECONDE futuriste

Vous connaissez Mr Mélanchon, un célèbre évangéliste futuriste. Aviez-vous pensé qu’il pourrait avoir trouvé, à son insu, la solution la plus sécurisante pour les cyclistes ? Une sorte de Blaze en version améliorée, augmentée dirais-je même. Oui mes amis, l’hologramme !

Imaginez, vous roulez sereinement, une voiture vous double, puis veut tourner à droite sans se poser de questions, sans jeter un regard sur son angle mort. Ni une, ni deux, Mr Mélanchon sort de sa boite et court au devant de la voiture, qui, surprise de se faire reprendre avec autant de véhémence, s’arrête, et le cycliste passe, en tout sécurité. Voila, c’était pour la demi-seconde futuriste.

Halte-là, mon brave ! Ne voyez-vous pas le cycliste qui arrive ?

Sinon, à ce qu’il parait il y a les voitures autonomes qui s’arrêteront toutes seules ? Toute cette histoire me parait bien compliquée, un simple hologramme ferait l’affaire.

Faut-il acheter Blaise ? La conclusion

Il y a pas mal de situations d’accidents possibles à vélo. Mais une seule question à se poser : “est-ce que je met toutes les chances de mon côté pour me rendre visible et éviter l’accident ?” Cela implique à la fois une réponse en terme d’outils et de comportement.
Lorsque je roule, je me demande toujours “suis-je visible de ce piéton, de cet automobiliste, de ce bus ?” Et comme Emily disait, même allumé comme un sapin de noël, si je suis dans l’angle mort, pas de chance. En cycliste averti, j’anticipe énormément ce genre de situation et évite régulièrement la collision en ralentissant, en changeant d’allure. Cependant, il survient des moments où mon attention n’est pas aussi bonne que je le voudrais et je pourrai le payer cher. Ce produit m’a ouvert un peu plus les yeux sur cette question de visibilité, et propose une solution qui est innovante.

Donc, non, Blaze ne remplacera pas le bon comportement à avoir sur son vélo : prudence, discernement, anticipation. Mais mon opinion est qu’il pourra faire la différence dans certaines situation inattendues. C’est la raison pour laquelle je viens d’en acheter un ! A quand Blaze sur les vélib, velov et tout autre VLS ? Affaire à suivre.

Je dis oui à l’innovation, oui à la sécurité, et je vous ferais un compte rendu plus technique sur cette lumière dès que possible.

A bientôt pour un nouvel article de velonomy !

 

Pour voir une présentation assez complète du Blaze, en anglais as usual : 

Vol de vélos : la technologie au pilori

Bonjour à tous, et bienvenue dans ce nouvel article de velonomy. Je continue mon focus sur le sujet du vol de vélos, et me suis intéressé de près aux traceurs GPS.

Mes questions étaient les suivantes : l’antivol GPS est-il un outil utile pour réduire le risque de se faire voler son vélo ? L’est-il également pour le retrouver ? Quels sont ses points forts et ses limites ? Enfin, comment a-t-on compris que la terre n’était pas plate ? Il y a des choses à dire. Mais ça, vous vous en doutiez. Une enquête exclusive signée velonomy.

L’ANTIVOL GPS pour VELO C’EST QUOI ? COMMENT CA MARCHE?

Les faibles prix du matériel électronique, couplés à la miniaturisation des composants rendent les balises/traceurs GPS accessibles à tous, et en particulier aux cyclistes. Le concept est séduisant : placer un simple émetteur sur le vélo, puis recevoir des notifications sur son téléphone lorsque le vélo bouge de manière intempestive alors qu’il devait se tenir à carreau. Ensuite, si le vol a lieu, tracer en temps presque réel le vélo jusqu’à son point d’arrivée. Ce qui permet potentiellement d’aller le rechercher, ou de demander à la police de le récupérer à votre place. Je me concentre donc sur ces possibilités et laisse de côté les fonctionnalités offertes par cette technologie pour mesurer ses performances ou pour gérer ses itinéraires comme les GPS Garmin par exemple.

Il est intéressant de comprendre les grandes lignes du fonctionnement d’un traceur GPS. Attention,  je ne rentre pas dans les détails, mon but est d’aborder les grands principes.

Les principaux composants sont : un module GPS, un module GSM/GPRS, éventuellement combiné avec un module 3G (UMTS), un accéléromètre, une batterie et une carte de type Arduino qui sert de connexion entre tout ce beau monde. Le module GPS calcule sa position géographique, transmet l’information au module GSM/GPRS, qui envoie l’information au cycliste par sms via le réseau téléphonique. Ce module GPRS/GSM peut également être utilisé pour la géolocalisation. En effet, les ondes GPS émises par satellites peuvent parfois ne pas être bien captées, et le réseau de téléphonie mobile peut les remplacer, avec une précision qui dépend du nombre d’antenne relais à proximité. Plus il y a d’antennes accessibles, plus la localisation sera précise. Pour communiquer sur ce réseau téléphonique, il faut une carte SIM ainsi qu’un abonnement adéquat. L’accéléromètre, de son côté, permet d’envoyer une alerte s’il ressent des chocs, autrement dit : une situation potentielle de vol.

Pour information, le système GPS est un système militaire américain. Nous pouvons tous accéder gratuitement à ce service, avec une précision moins bonne que pour le service payant, ainsi qu’avec des restrictions qui peuvent être décidées par le département de la défense américaine de manière arbitraire. Mais l’Europe s’est dotée de son propre système, Galileo. Technologie plus précise, et de plus, civile, il devrait être déployé entièrement en 2020. Regardez cette petite vidéo c’est bien fait et intéressant pour mieux comprendre un outil aujourd’hui tellement généralisé qu’on en oublierait presque que c’est une innovation technologique majeure !

A noter qu’il est possible d’acheter une puce GPS pour 6€ sur des plateformes telles Aliexpress, grand marché internet du made in china, idem pour la puce GSM et en suivant des tutoriels sur internet en type DIY (Do It Yourself) on s’en sort pour moins de 30€, sans compter l’investissement en temps (soudures, programmation, tests…), qui est lourd pour un novice. N’est-ce tout de même pas incroyable de pouvoir accéder à une technologie comme celle-là pour un prix aussi dérisoire ? Mais tout le monde n’est pas encore prêt à monter son GPS soi-même, moi le premier. J’ai donc cherché à savoir ce que nous proposait le marché.

QUE NOUS PROPOSE DONC LE MARCHE ?

Le Sherlock : simple et complet

Ma première impression est que ce genre d’objet ne court pas les serveurs ! Pour une utilisation purement cycliste, le marché semble tâtonnant.

Le produit le plus excitant que j’ai pu trouver est le “Sherlock”. Fabriqué par une équipe basée en Italie, à Turin, c’est un traceur antivol qui se glisse dans le guidon, et qui est en principe invisible. J’ai regardé plusieurs autres produits et c’est celui qui m’a paru le plus sensé et le plus simple, surtout en matière ergonomique. En mai 2016, une tentative de financement par la foule via Indiegogo s’est soldée par un échec, car seulement 34,000€ ont été levé sur un objectif de 80,000€. Cependant Sherlock a tout de même fait son entrée sur le marché en mars 2017 via des pré-commandes, et les livraisons sont en cours. En plus d’avoir pu bénéficier de fonds européens via un programme d’incubation destinés aux entreprises positionnées sur les problématiques urbaines numériques, Sherlock a également le soutien d’Orange Business, et depuis peu, de Viasat, spécialiste de la géolocalisation de flotte de véhicule d’entreprise par satellite, qui a acheté des parts de leur entreprise. Il semble donc que leur modèle plait, reste à voir si ça fonctionne…et combien de vélo seront retrouvés grâce à eux !

Le traceur Sherlock – glissé dans le guidon

Spybike – Velocate…

Plusieurs autres entreprises proposent ce genre de produit. C’est le cas de Spybike, entreprise anglaise qui propose un traceur intégré dans une lumière de vélo arrière, le tube de selle ou la potence. L’équipe de Matin Dimanche, journal suisse, a fait l’expérience de laisser des vélos dans la rue pour les suivre une fois volés (le lien ici). Pour cela, ils ont utilisé les traceurs proposés par Velocate, une marque allemande, qui sont également placés dans une lampe arrière et se sont révélés fiables.

Traque au vélo volé - l'expérience de Dimanche Matin en Suisse
Traque au vélo volé – l’expérience de Dimanche Matin en Suisse

Velco : un produit prometteur

Je vais en profiter pour rajouter ici la Wink Bar de Velco : entreprise nantaise qui a développé un guidon connecté. En plus des 450,000€ de levée de fonds en janvier, Ils viennent de récolter 33,200$ sur Indiegogo et prévoient de livrer en septembre 2017. Le guidon est connecté au téléphone via bluetooth et guide l’utilisateur vers sa destination grâce à des indicateurs lumineux. Il inclut un module GPS, GSM, Bluetooth, RFID…tout ce qu’il faut pour obtenir un bon traceur. Et il peut être relié à la dynamo, ce qui facilite la charge de la batterie. Le forfait données est inclus mais il ne semble pas y avoir d’activation/alerte via sms. Prix aujourd’hui : 174$ (en $ car vendu sur indiegogo en $) tout compris. Il est annoncé demain à 264$. Un projet vraiment intéressant, à suivre, même si la contrainte du changement de guidon peut être bloquante pour certains.

Wink Bar de Velco
Wink Bar de Velco – La technologie à portée de guidon

Un budget certain

Tout cela n’est pas donné. Au delà des composants qui ne coûtent pas cher, il y a tout le travail de recherche et développement, entre autre pour permettre de placer le traceur dans les endroits les plus invisibles possibles. Le but est clair : le voleur doit ignorer que ce vélo est équipé d’un traceur. Le problème est que en plaçant le traceur dans trop profondément dans les tubes, il peut y avoir des problèmes de connexion, notamment l’effet cage faraday pourrait bloquer le signal. Il faut ruser. J’ai un faible pour le Sherlock en terme d’ergonomie car il pourrait s’adapter sur presque tous les vélos, alors que les potences ne sont pas toutes les mêmes, que je n’ai pas envie de changer mon tube de selle et que je ne veux pas racheter une lampe arrière.

Les tarifs vont de 180 à 250€ pour velocate, avec un an d’abonnement (carte SIM), puis 39€/an les années suivantes (3.25€/mois). 150€ avec 2 ans d’abonnement inclus pour le Sherlock, puis 3€/mois ensuite, et enfin les produits spybike coûtent entre 82.50£ et 97.50£ auxquels il faut rajouter 3.5£/mois pour l’abonnement et la carte SIM.

Il est toujours possible de gérer soi même sa carte SIM, cependant il faut trouver une offre qui soit compétitive avec ce que propose le constructeur de votre produit. Ce post de forum met à jour une liste de carte SIM qui correspond aux besoins : envois de sms et data sont les 2 mamelles d’une offre attractive ! Mais il ne faut pas oublier que le réseau que vous choisissez a son importance. Free, SFR, Bouygues, Orange…? Lequel choisir ? L’idéal serait donc une carte multi-opérateur. C’est ce que propose Matooma, une entreprise lancée en 2012 à Montpellier, et dont le développement a été fantastique. Je vous laisse aller voir par vous même car on s’éloigne un peu du sujet. Malheureusement ce sont des offres à destination des entreprises, et je ne sais pas si c’est accessible aux particuliers.

C’est donc le Sherlock qui s’en tire le mieux niveau budget, pour un coût de 150€ pour 2 ans, sans oublier la Wink Bar, qui, si elle tient ses promesses, permettra d’avoir un forfait data illimité et compris dans le prix pour transmettre la géolocalisation GPS sur l’application (attendons un peu avant de célébrer, parce que ça semble presque trop beau pour être vrai).

MAIS EST-CE UNE BONNE IDÉE ?

Un traceur n’est pas un antivol…

Les promesses sont toujours belles et attirantes mais elles “n’engagent que ceux qui les écoutent” aurait dit Henri Queuille. Vous savez, Henri Queuille, cet homme d’Etat Français, né à Neuvic en Corrèze, le 31 mars 1884 et mort à Paris le 15 juin 1970.

Appeler le traceur GPS un antivol n’est pas exact, pas du tout même. Il n’empêchera pas le voleur de s’emparer du vélo. Par contre, un accéléromètre va permettre de sentir les mouvements, les chocs, et sera en mesure de déclencher une alerte, et potentiellement vous donner le temps de réagir (à condition que vous ayez attaché votre vélo comme il se doit…). Mais tous les traceurs ne dispose pas de cette fonctionnalité. Pour s’appeler antivol, il faut au minimum ça, et puis, si vous n’êtes pas dans les parages, ça n’antivolera rien du tout et vous verrez tristement votre vélo s’envoler.

…Il faut donc que quelqu’un aille chercher le vélo lorsqu’il est volé !

Il est absolument déconseillé d’aller chercher son vélo tout seul. En tout cas, moi, je vous le déconseille. Comment peut-on imaginer se faire justice soi-même ? Si par chance le vélo est simplement abandonné, très bien mais les rencontres peuvent être fatales, comme témoigne cet article (en anglais) sur un adolescent canadien qui s’est fait tuer après avoir géolocalisé son smartphone et confronté les voleurs.

Analysons rapidement le marché du traceur GPS. Qui va acheter un traceur ? Et pourquoi ?

Selon moi, la personne qui a est prête à payer un traceur GPS et un abonnement chaque mois, pour un budget d’au moins 150€ pour 2 ans, et plus dans la durée, possède probablement un vélo de qualité. Un vélo d’une assez bonne qualité, et d’un prix assez élevé pour se donner les moyens de le retrouver s’il est volé. Admettons maintenant que ce vélo se fasse voler, quelles sont les chances qu’un vélo attirant soit volé pour un usage unique, c’est à dire pour rentrer chez soi, ou juste frimer dans la rue avant de l’abandonner dans un coin ? Peu de chances je dirais ? Sauf si ce vélo était mal cadenassé (encore quelqu’un qui ne lit pas velonomy.), je vous l’accorde. Il ne faut tout de même pas oublier qu’il faut déjà un budget pour attacher correctement son vélo, et que ce traceur vient simplement aider en cas de vol. Mal attacher son vélo parce qu’on a un traceur GPS…mauvaise décision !

Mon impression est que si ce beau vélo est volé, ca sera pour être revendu derrière ! Dans le coin, ou peut-être pas dans le coin, dans le pays, ou le continent voisin…

La situation ne sera peut-être pas aussi simple que celle décrite dans la vidéo (d’ailleurs le vélo est un vieux VTT, qui ne mérite pas forcément un traceur GPS à 98£ + un abonnement mensuel à 3,5£/mois, étant donné qu’il doit coûter à peine 100£). L’homme pose son vélo avec un cadenas des plus médiocres (on ne le voit même pas), puis reprend tranquillement le vélo au voleur qui faisait ses courses :

Serait-ce une définition de l’anti-marketing : un contenu qui ne donne pas envie d’être regardé, accompagné d’une musique fait maison qui aurait mérité de rester enfermée dans son ordinateur.

Donc, la police doit être impliquée

La première question que je me pose est la suivante : La police peut-elle légalement intervenir sur la base d’une géolocalisation fournie par une entreprise privée ? Par exemple, si mon vélo est volé, que je l’ai équipé d’un sherlock et que l’application fournie par Sherlock me montre le lieu où est stationné le vélo, puis-je demander aux forces de l’ordre d’intervenir sans avoir vérifié au préalable qu’il s’agit bien de mon vélo ? Les exemples que j’ai pu retrouver sur internet mentionnent les téléphones portables ou les voitures, mais aucune trace de vélos retrouvés par géolocalisation. Vous me direz, et vous aurez raison, que c’est certainement parce que très peu de vélos sont équipés de traceur aujourd’hui ! Mais j’ai quelques doutes sur la volonté de la Police de s’impliquer sur ce genre de vols. D’ailleurs une amie, anciennement avocate m’a confirmé que les policiers n’intervenaient que rarement, même pour les smartphones. Je continue mes recherches sur ce sujet, si vous avez des témoignages, n’hésitez pas à les partager.

Cet article du New York Times, en anglais, décrit les méthodes de la police de San Francisco pour faire chuter les vols de vélo. Une tactique consistant à utiliser des vélos-appâts (bait bikes) équipés de GPS, à capturer les voleurs, à publier leur photos publiquement pour les humilier (il est en effet possible aux Etats-Unis d’aller sur le site de la police et de voir les gens qui se font arrêter, c’est assez surprenant), puis à distribuer des autocollants invitant les voleurs à s’interroger sur le vélo qu’ils sont en train de voler.

Traduction :Serait-ce un vélo-appât ? Semer le doute dans l’esprit du voleur…efficace, ou non ? That is the question.

Pour que la police puisse utiliser la trace GPS comme donnée officielle permettant de déclencher une action, Il faut qu’elle soit avertie en amont. Qu’elle sache que ce genre de situation arrive, qu’elle ait un mode opératoire éprouvé. Que l’appareil qui émette la localisation GPS soit comme “validé” par l’Etat. Il me semble que c’est une des conditions les plus importantes pour que ça fonctionne. Que la personne qui utilise un traceur GPS n’ait pas à aller retrouver son vélo seule.

Technologie contre technologie

Côté technologique, tout ce système repose sur la gestion des ondes radio…s’il n’y en a plus, le système est inutile. Il faut donc espérer que les malfrats ne s’équipent pas tous de brouilleurs (ce qui est puni de 6 mois d’emprisonnement et 30000€ d’amende). Avec les marchés en ligne, tout est possible, et il est très simple de s’en procurer. A voir comment la situation évolue. Avec la multiplication de l’utilisation des ondes au quotidien, entre smartphone et objets connectés, et notamment avec les drones, je parie que ce genre de produit va se vendre de plus en plus…

Ces ondes seront également coupées, ou beaucoup moins utiles dans une cave ou tout autre lieu clos et éloigné de l’extérieur.

L’approche VanMoof

Entreprise hollandaise, VanMoof produit des vélos urbains au design unique, qui se vendent cher. A partir de 600€ jusqu’à plus de 3000€. Dans les options disponibles se trouve celle dite “Peace of mind” pour 240€. C’est la garantie que l’équipe de chasseurs de VanMoof retrouvera votre vélo dans les 2 semaines après le vol, et si elle ne la retrouve pas, un vélo neuf vous sera redonné. C’est disponible pour les modèles haut de gamme SmartBike/Electrified S. Le récit de The Verge, magazine en ligne américain traitant des nouvelles technologies, est particulièrement intéressant (lien en anglais). L’équipe de chasseurs trouve la trace d’un vélo volé à Paris, puis se rend compte qu’il est en route pour Bruxelles. (récit complet par VanMoof disponible en anglais ici) Avec l’aide de la Police, ils arrêtent le camion dissimulant le vélo. Il était en partance pour le Maroc. Justement, le Maroc. Ils s’y rendent ensuite parce qu’il y a un autre vélo volé qui est géolocalisé à Casablanca, dans un quartier où les chauffeurs de taxi ne veulent pas les emmener car il est mal famé. Ils finissent tout de même par y arriver, mais en l’absence de signal GSM, ils doivent chercher le signal bluetooth, et estimer grossièrement la location en fonction de la puissance du signal capté. Chou blanc. On ne leur fait pas un accueil des plus chaleureux, et la Police refuse de les aider. Ils tombent au passage sur un entrepôt avec environ 2000 vélos, ou vélos cargos, en super état et le gars leur explique tranquillement qu’il reçoit des livraisons de Paris, Bruxelles et de partout en Europe…récit ici.

Il est impossible de retrouver tous les vélos volés, mais le message est clair : voler un VanMoof, c’est se compliquer la vie et il y a un risque bien plus élevé de se faire pincer. L’entreprise a retrouvé environ 10 vélos depuis 2016. J’ai voulu parler de cette stratégie “Peace of Mind” parce que, basée sur la géolocalisation GPS, je la trouve très intéressante. Attendons un peu et voyons les résultats de cet engagement d’ici 1 à 2 ans.

Alors, ça serait quoi le dispositif parfait ?

En admettant que je veuille m’équiper d’un dispositif de traçage de mon vélo, voici ce que je chercherai :

  1. Alerte de mouvement via SMS/3G/Bluetooth pour pouvoir me prévenir et que je puisse aller morigéner le malandrin si je ne suis pas loin
  2. Une entreprise qui a rencontré la Police pour développer un partenariat
  3. Une carte SIM multi-réseau pour avoir une géolocalisation GSM efficace, et une communication via SMS même dans des coins reculésUne batterie optimisée pour plusieurs mois
  4. Une “cachette” efficace comme le propose le Sherlock

conclusion

Ma conclusion personnelle est que, concernant les cyclistes, ce marché n’est pas encore assez mature pour avoir une expérience à la hauteur des attentes. La clef est toujours de bien attacher son vélo. Mais les promesses sont là, et je pense que les années qui viennent vont nous offrir de belles choses. Je vais suivre l’histoire du Sherlock et de la Wink Bar, qui s’annoncent comme de sérieux concurrents aux rares marques existantes. Le développement faramineux des vélos électriques m’incite à imaginer le développement d’un éco-système sur le même modèle que celui de la voiture (en mieux, bien entendu ;), c’est-à-dire, avec beaucoup plus de technologie embarquée.

Merci de m’avoir suivi une fois de plus sur velonomy. A bientôt pour de nouvelles enquêtes !