Joyeux Anniversaire Free-floating !

Joyeux anniversaire !

Nous célébrons en ce mois d’octobre le premier anniversaire de l’apparition des vélos en free-floating sur le territoire français. Gobee.bike s’était lancé le premier, et s’est d’ailleurs aussi arrêté le premier, 5 mois plus tard en février 2018. Puis Pony Bike, Ofo, Mobike, Obike et IndigoWeel ont suivi. Obike a lentement disparu, suite à sa déclaration d’insolvabilité à Singapour. Les 4 autres restent. Donkey.Bike est également arrivé sur le marché parisien, avec un modèle intéressant en semi free floating. Pas de bornes, mais du géofencing, aussi nommé géorepérage en français. Cela consiste à créer des zones de parking virtuelles, visibles dans l’application mobile.

De mon côté, j’ai commencé à travailler pour IndigoWeel en décembre 2017. Je me souviens encore de l’évènement Autonomy, qui était trusté par tous ces acteurs du free-floating. Les chinois utilisaient déjà en masse ce système de vélos libres, mais en France, c’était entièrement nouveau.

Tous en selle, lorsqu’il y en a une

Ces 12 derniers mois, les roues ont tourné sur le bitume. Des dizaines de milliers d’utilisateurs ont été séduits et ont pu se déplacer pour un coût réduit. A Paris notamment, où la transition entre les opérateurs de Vélib a été longue, cette nouvelle offre a été la bienvenue et a pu soulager une partie des cyclistes qui ne possédaient pas leur propre vélo.

Des utilisateurs déçus parfois, interloqués souvent. Comment ne pas l’être devant la destruction gratuite de milliers de ces vélos, exhibant leurs souffrances sur les trottoirs. Triste et sadique plaisir d’une minorité !

MISE en perspective

La gestion des dégradations reste le point sensible. Lorsqu’ils ne sont pas dégradés, beaucoup de vélos sont volés et il n’est pas rare de croiser des personnes sur des vélos « reconditionnés » pour les plus soigneux, ou simplement le cadenas coupé pour les plus pragmatiques. Incontestablement ces vélos ont apporté une nouvelle forme de mobilité, gratuite, à certains. On aurait pu s’en réjouir si cette nouvelle mobilité cycliste à moindre coût, basée sur le vol de vélo, avait été, et pourquoi pas, organisée et structurée, notamment par des associations et avec l’aide du gouvernement. Donner les moyens de se déplacer à vélo à ceux qui n’ont pas cette culture, et pas les moyens pour s’en procurer…belle idée, mais l’exemple du vélib nous montre que le manque de moyens financiers n’est pas la question première. Le free-floating fait face à ce que tous les vélos des services publics connaissent déjà : la dégradation gratuite.

Rien de bien nouveau sous le soleil donc, avec environ 20000 vols de vélib par an, en moyenne, à Paris. Retrouvés certes à 90%, mais il en reste encore entre 2000 et 6000 irréparables chaque année. Ajoutés au 10% non retrouvés, ca donne entre 4000 et 8000 vélos irrécupérables par an. La différence avec les vélos issus du free-floating, c’est qu’ils sont plus visibles dans les rues, et plus vulnérables sans bornes. Plus free, plus floating. Ce phénomène de casse a donc été mis sous le feux des projecteurs.

Se réinventer

De toute évidence, le modèle va devoir évoluer pour répondre aux enjeux de rentabilité. Les prix d’Ofo et de Mobike ont déjà augmenté. Nécessaire évolution pour des entreprises qui ne sont pas financées par de l’argent public comme leurs concurrents bornés. Et c’est peut être ce qui fait leur force. La liberté qu’elle ont d’innover, de se réinventer, de tester, sans trop de contrainte autre que le retour des clients (et les règles imposées par les villes…). L’innovation est au cœur de ces entreprises. Elles s’exposent, apprennent, progressent, et re-proposent différemment. Que ce soit en terme de prix, mais aussi de partenariats avec différents acteurs, comme entre Ofo et la RATP. Enrichir l’offre de véhicules est également une façon d’innover comme le fait Indigo Weel en lançant ses scooters électriques à Toulouse, avant de proposer ses vélos, trottinettes et micro-voitures électriques, tout ça dans la même application mobile. La flexibilité est un atout majeur.

Au centre de la mobilité urbaine

1 an après l’avènement du free-floating français, j’ai eu ce sentiment que malgré les destructions et les critiques, ces services ont contribué à mettre le vélo au centre des débats comme rarement auparavant. On s’était habitué aux services avec bornes, ils faisaient partie du décor. Mais en permettant à l’utilisateur de prendre et déposer un vélo (presque) n’importe où, et tout cela en moins d’une minute grâce à son smartphone, le free-floating a apporté une innovation d’usage dans un marché ou l’expérience client était trop complexe et trop longue. Subitement, l’image du vélo dans le domaine public avait changé. Plus facile, plus accessible. Une vision plus jeune peut-être ? Le succès a été au rendez-vous. Ces entreprises ont démontré l’intérêt d’un tel système ainsi que l’appétence pour de l’innovation dans ce domaine. Pouvoir prendre un vélo partout, facilement, c’est finalement devenu normal, rien de fou. J’aime ça ! C’est le signe que l’offre sonne juste.

Une année vélo

Le gouvernement a annoncé un plan vélo sans précédent. 350 millions d’euros sur 7 ans. Paris, elle, en alloue 150 millions sur 6 ans. Il y a une dynamique en marche, et le free-floating en fait partie. Il contribue à rendre visible les vélos aux yeux de tous, il polarise l’attention. L’offre se diversifie, les trottinettes entrent en jeu de manière spectaculaire, et les vélos électriques en free-floating devraient pointer leur nez sous peu, notamment avec Oribiky.

En cette fin octobre, je souhaite une heureuse nouvelle année au vélo : personnel, partagé en bornes, en free-floating, en location courte ou longue durée, avec ou sans assistance électrique…et suis plus que jamais convaincu que du vélo naîtra la ville rêvée de demain.

A bientôt sur Velonomy !

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